mercredi 24 juin 2026

TRISTAN & ISEUT

 


J'avoue que je gardais de la belle histoire de Tristan et Iseut (lue trop jeune) une vision romantique avec une fin à la Roméo et Juliette. C'est à dire que j'étais une caricature de mon éducation vouée à mépriser les textes français au profit d'un adoration aveugle pour le barde anglais.  La compagnie, ici, renverse les à priori. J'ai découvert une histoire fantastique qui n'a rien à envier à Shakespeare. Fatum, épreuves, malédictions, jalousie et ressentiment, punition....Verbe grandiose et pourtant tout à fait audible par une public contemporain de tout âge.  L'ambiance onirique, nocturne, les jeux de lumière, les tons des costumes et les bruits de forêt, comme l'ensemble de la scénographie y sont pour beaucoup, ainsi que les acteurs, qui se donnent pleinement à ce voyage initiatique.

J'avoue que je gardais de la belle histoire de Tristan et Iseut lu trop tôt une vision romantique avec une fin à la Roméo et Juliette. C'est à dire que j'étais une caricature de mon éducation vouée à mépriser les textes français au profit d'un adoration aveugle pour le barde anglais.

La compagnie, ici, renverse les à priori. J'ai découvert une histoire fantastique qui n'a rien à envier à Shakespeare. Fatum, épreuves, malédictions, jalousie et ressentiment, punition....Verbe grandiose et pourtant tout à fait audible par un public contemporain de tout âge.

L'ambiance onirique, nocturne, les jeux de lumière, les tons des costumes et les bruits de forêt, comme l'ensemble de la scénographie y sont pour beaucoup, ainsi que les acteurs, qui se donnent pleinement à ce voyage initiatique.

L'histoire n'est pas simple mais elle est haletante, et très bien mise en scène.

À l'origine c'était un conte celtique. Le pauvre Tristan n'eut guère de Chance. Sa mère, abattue de chagrin par son récent veuvage le mit au monde en mourant au terme de 4 jours de souffrance. Voilà pourquoi l'enfant né de tant de Tristesse fut appelé Tristan.

Une comédienne, celle qui jouera aussi la déesse de la forêt, se voit donné la fonction de narratrice des qu'il s'agit de revenir dans le passé. Ce n'est jamais très long car le rythme est enlevé et les scènes nous permettent de vivre avec les personnages, scènes d'amour, disputes et batailles. Si l'oratrice participe de la dimension irréelle du conte, en revanche le rythme soutenu de l'action nous immerge durablement dans ces temps anciens et modernes à la fois.

La seule chance qu'à Tristan dans sa vie, c'est d'être le neveu du Roi de Bretagne qui l'aime, le considère comme un fils. Il connaitra aussi l'amour fou par un sortilège.

Mais chaque bénédiction vient à lui avec son lot d'adversité ! Il ne s'ennuie décidément pas, ce Tristan qui va de dilemmes en malentendus !

Et...nous non plus!

Nous sommes happés par ce qui aurait pu n'être qu'une bonne tragédie mais nous emporte complètement.

Ainsi la mission de transmission culturelle que s'est donnée la compagnie a pleinement atteint son objectif. Nous voilà divertis et instruits à la fois! Vive le théâtre !

AA


Réserver

Du 4 au 25 juillet 2026 (relâche les mercredis 8, 15 et 22 juillet)

Horaire : 14h50
Lieu : Théâtre de la Nouvelle étincelle
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Durée : 1h15
Genre : Théâtre Musicale
Texte : Maëlys Simbozel
Distribution : Floriane Delahousse, Lubin Labadie, Aurélien Lejeune, François Marion, Juliette Maurice, Maëlys Simbozel

POURQUOI JE N'AI JAMAIS ETE HEUREUX EN AMOUR




Que se cache-t-il derrière ce titre humoristique ?

Patrick Messiah nous raconte son enfance, ses amours, surtout. Des fausses soeurs à protéger, le prédestinant peut-être ainsi au rôle de "frère" ou "ami éternel", puis des coups de cœurs d'enfant pour une serveuse ou une beauté entr'aperçue ici ou là.

Il raconte tout ce qui a fait de lui ce qu'il est devenu, de l'abandon du père à l'exil. Parfois il prend l'accent du conte, parfois il est un peu potache. Il n'est pas du genre à s'apitoyer.

Car l'amour dont il est question dans le titre c'est aussi l'amour/amitié ou l'amour parental, l'amour d'un pays quitté ou d'un accueil réticent dans un pays qu'on ne demande qu'à aimer.

Alors on rit beaucoup de lui mais avec lui, car il nous offre généreusement ses déboires en pâture afin de nous y renvoyer  parfois notre propre image comme dans un miroir amical qui au lieu de la grimace et de l'aigreur renvoie l'image de l'attendrissement.

Que trouve-t-on de plus dans ce spectacle entre one man show et seul en scène théâtral ?

Des chansons populaires, des souvenirs tristes transformés en "cicatrices qui ne font pas mal" et que l'auteur se félicite finalement d'avoir dans le cœur et la peau. Il se cache aussi beaucoup d'autodérision et de pudeur dans ce show, pour un one man "show"qui "met tout sur la table" et beaucoup d'amour. Des chagrins, des tragédies mais au final peu de regrets, des rires francs et tout le charme de la Méditerranée, c'est à dire une source infinie d'émotions, de pays traversés, du soleil et une philosophie de la joie même quand on se sent abandonné.

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Ce spectacle vraiment drôle, rythmé, très bien écrit est aussi une formidable déclaration d'amour au cinéma et au théâtre. Attention, ici tendresse et souvenirs.

Un de ces moments doux et sans pathos, avec un comédien qui ne joue pas les intouchables, et n'a pas peur de se révéler sensible.

En tant qu'auteur, Patrick Messiah a la plume si agile que les mots coulent sans effort, et pourtant ce texte est l'aboutissement d'une exercice fort difficile : raconter sa vie en parlant de l'amour pour les autres , à l'inverse du nombrilisme.

Ce ton méditerranéen qui l'irrigue est peut-être le secret ainsi qu'un ingrédient de la recette mystérieuse dont on fait la générosité qui crée le rire et le partage.

Une réussite.

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Un spectacle comme une soirée entre amis.

AA.

Attachée de presse: Dominique Lhotte


https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/9413-pourquoi-je-n-ai-jamais-ete-heureux-en-amour

 du 4 au 25 juillet  (relâche les 8, 15, 22 juillet)
à 15h05  1h10
THÉÂTRE DU ROI RENÉ 
Salle : Cour de la Reine 
Langue principale : français
Public : Tout public à partir de 12 ans
Accessibilité :
Accessible aux déficients visuels
Avertissements : Aucun


dimanche 21 juin 2026

SUCRER LES FRAISES , une histoire d'oubli et de voyage dans la lune avec son petit prince


 

Tranche de vie, conte contemporain, "comédie familiale sur l'oubli et la transgénérationalité" ?

Sucrer les fraises, c'est un peu tout cela, une pièce universelle destinée à un jeune public et un public familial. Pourtant les adultes dont le livre préféré reste Le petit  Prince de Saint Exupéry sortiront du spectacle les yeux mouillés et le sourire aux lèvres.

Sébastien Bizeau est un auteur de théâtre très doué. Il nous avait déjà conquis avec deux pièces pour adultes mêlant des problématiques contemporaines à la mythologie grecque (Heureux les orphelins puis Pourquoi les gens qui sèment). Il a un sens de la dramaturgie aiguisé et maîtrise les dialogues incisifs et véloces. Il peint des personnages complexes auxquels l'ont peut s'attacher même lorsqu'ils exprime des réalités complexes.

La compagnie hors du temps avait donc mis dès le départ la barre très haut, et voilà qu'une troisième fois, dans un registre très différent, elle nous épate encore.

Charlie, comme dans "mais ou est Charly", porte une marinière rayée de rouge et de blanc. Il a des amis très drôles qui prennent pourtant les choses très au sérieux. Il a aussi des parents inquiets bien qu'aimants et une grand mère très âgée qui perd la boule. Si Charlie ne brille pas à l'école, il brille dans la science de l'empathie et de la poésie. Avec la poésie et ses mots d'enfants spectaculaires et chantants, il trouve des solutions pour accepter la difficile déchéance de sa grand mère. 

Par exemple, avec ses amis aussi dissipés que lui mais chacun dans son style, il va trouver l'ultime solution et s'attacher à un projet un peu spécial : envoyer mamie dans la lune !

Je ne vais pas tout vous raconter, mais Charlie et ses jeux de mots , Charlie et son amour pour sa grand mère autant que pour ses parents, pourrait bien rendre le chagrin de ses parents supportable avec sa tête un peu en l'air.

Sans dévoiler tous les étonnements et les ravissements qui s'enchaînent, j'ajouterais que le jeu des comédiens est à l'avenant de la qualité du texte, pourtant, jouer des enfants est un exercice périlleux pour des comédiens. D'autant plus qu'à part Charlie,  ils jouent aussi d'autres personnages qui interviennent sur ce chemin familial d'accompagnement vers l'oubli et le grand voyage.

Le décors est une oeuvre d'art minutieusement étudiée qui nous éclabousse d'enfance, la marionnette qui est au centre de ce conte a de grands yeux verts qui semblent pétiller. Vous retrouverez même la signature de la compagnie avec un personnage mythologique très drôle.

Jusqu'aux costumes de la partie que je nommerai " la lune" sont à la fois parfaits et scintillent comme des étoiles. Ce soin en tout , du jeu à la mise en scène, l'éclairage, le son et bien sur le superbe texte que vous voudrez acheter pour le relire à la maison ou le rejouer en famille, forment un faisceau de bonheur qui caractérise le travail de la compagnie Hors du temps.

AA

Lors de la sortie de résidence l'enthousiasme était absolument général, les applaudissements fusaient, aussi je vous conseille de réserver rapidement, la salle comptant 49 places par représentation.

A partir de 7 ans

Interview de l'auteur sur RAJE

La compagnie Hors du Temps

Réserver sur le site du off

du 4 au 25 juillet à 14h20  1h05 (relâche les 9, 16, 23 juillet)

Lieu :
LA FACTORY ( - 4-Les Antonins)
Salle : Chapelle des Antonins//LA FACTORY - S'y rendre
Langue principale : français
Public : Jeune public à partir de 7 ans
Accessibilité :
Accessible aux déficients visuels
Avertissements : Aucun

mercredi 17 juin 2026

UN AIR DE FAMILLE , un classique contemporain qui ne cesse de nous intrerpeller et nous rend heureux





Réserver

L'histoire : Comme tous les vendredis soirs, la famille Ménard se retrouve « Au Père Tranquille », bar géré par Henri, le fils, et son employé,  avant de se rendre au restaurant pour y dîner tous ensemble. C'est leur rituel bien huilé pour maintenir la cohésion d'une famille composée de  personnalités bien trempées. Mais ce soir là, rien ne semble devoir se passer de façon habituelle.  Pour commencer, la femme d'Henri, pièce du puzzle, est absente.  Ensuite, le jour choisi tombe le jour de l’anniversaire de Yolande…

Trois grains de poussière suffisent à débrider les humeurs et déclencher des réactions innatendues... 

 Alors les esprits s’échauffent, les secrets font surface, et les rancœurs éclatent au grand jour … pour notre plus grand plaisir

 J'échangeais récemment avec une habituée de longue date du festival off. Elle se plaignait de ce que les mêmes pièces étaient souvent reprises. Cela m'a amenée à me poser la question de la continuité par la reprise des succès en théâtre.

Après tout, tel un amateur d'Opéra, que fait un amateur de théâtre sinon voir et revoir les mêmes enjeux ou les mêmes Molière, Shakespeare, les grandes passions universelles mises en musique en 3 ou 5 actes?

Le tout tricoté avec l'air du temps. La tragédie grecque et la guerre, la tragédie familiale et Alzheimer, ou bien une trahison.... Il en va de même en comédie, en tragédie ou en dramédie, même dans le théâtre de recherche, qui prend le temps de creuser, on voit depuis des siècles revenir Hamlet, les Richards, le Tartuffe, et autres Antigones, puis les plus récents Ubu....

En ce qui me concerne, le moindre changement de ton, de décor, de jeu, de vision, me permet de voir dans la "reprise" plus ou moins maquillée ou repensée de nouvelles perspectives et de nouveaux enjeux.

Pour le théâtre populaire, censé être rapidement accessible à toutes et tous (Monsieur Vilar se retourne-t-il dans sa tombe en comprenant que nous ne sommes pas tous soumis à sa définition du "bon populaire") tout en permettant le recul et l'analyse fine, quelque chose de lancinant, de berçant, de rassurant me saisit parfois à la vue de nouvelles propositions, d'archétypes féconds issus de la vie de tous les jours. Et s'il y a bien des auteurs qui ont réussi ce mélange de rire et d'analyse subtile des enjeux contemporains, familiaux et intimes, ce sont Jaoui et Bacri.

J'ai adoré revoir cette proposition rigoureuse et chaleureuse d'Un Air de Famille. Comme j'aurais pu chanter du Brel, du Brassens, du Stromae, du Juliette et autres chansons qui ne cèdent rien au temps et résistent aux clivages sociaux, je connais quasiment les paroles par coeur, le ton de chaque personnage du film ou de la pièce, et les enjeux me saisissent toujours par leur pertinence.

C'est une de ces pièces qu'on peut revoir au moins une fois par an. Car nous avons tous dans nos familles ces personnages merveilleusement écrits et extraits de l'expérience du vrai et les artistes qui les jouent et les créent font instantanément partie de notre famille de coeur.

Oui, il est tout à fait pertinent de rejouer la pièce Un air de Famille aujourd'hui.

Plusieurs raisons expliquent sa longévité : les thèmes restent très actuels : tensions familiales, non-dits, frustrations, rapports de domination, difficultés de communication. De plus l'écriture d' Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri repose davantage sur l'observation des comportements humains que sur des références datées et la pièce offre des rôles très riches pour les comédiens et un équilibre efficace entre comédie et émotion. D'ailleurs, le public continue à reconnaître dans les personnages des situations familiales familières, ce qui maintient son pouvoir de résonance. Et le sentiment de communion qui règne dans la salle et nous lie aux comédiens est absolument jouissif et ....franchement bon pour le moral !

"Comme une chanson populaire...."

J'ai adoré voir cette version, grand succès 2025, que l'on m'avait cent fois recommandée.

Je suis sûre que vous aimerez la voir, soit pour saisir les nuances, soit pour revivre l'expérience originelle et la stupeur des premières fois. Car c'est une très bonne version.

La distribution réunit des comédiens expérimentés, notamment Alain Chapuis, connu du grand public pour son travail dans la série télévisée Kaamelott (le tavernier, pour les initiés). La mise en scène est assurée par Jean-Philippe Azema, réputé et respecté, qui interprète également l'un des rôles principaux.Tous les autres comédiens sont merveilleusement choisis et littéralement possédés par leurs personnages pourtant riches en nuances.

Quelle bonne idée de venir au Théâtre des Corps Saints : c'est une salle reconnue du Off, d'une capacité d'environ 120 places, adaptée aux comédies de troupe où la proximité avec le public renforce l'efficacité des dialogues et des situations. Tout autour du théâtre, en sortant, les spectateurs trouverons nombre de petits restaurants ou bars qui leur rappelleront "Le père transquille".

En conclusion, même si on la connait déjà,  la pièce de Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri continue de fonctionner parce qu'elle repose sur des mécanismes familiaux intemporels : rivalités fraternelles, frustrations, maladresses affectives et non-dits. Ces thèmes nous parlent encore, 30 ans après, seul ou en famille.

Un régal !

Date du Festival Off Avignon : du 4 au 25 Juillet 2026 Horaire :

16h50 Lieu : Théâtre des Corps Saints
Durée : 1h15 Genre : Comédie Auteur(s) : Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri. Artiste(s) : Jean-Philippe Azema, Alain Chapuis, Véronique Boutonnet, Letti Laubies, Isabelle PARSY ou Gwenola DE LUZE, Karim Wallet. Mise en scène : Jean-Philippe Azema, assisté de Danielle Carton

L'auteur: Agnès JAOUI et Jean-Pierre BACRI, 

La mise en scène : Jean-Philippe AZEMA assisté de Danielle Carton

La distribution : Jean-Philippe AZEMA, Véronqiue BOUTONNET, Alain CHAPUIS, Isabelle PARSY ou Gwenola DE LUZE et Karim WALLET

Les Décors: Alain VILLETTE 

Les Lumières: Richard Arselin




mercredi 10 juin 2026

ASTUCES EN CUISINE : un Duo de Clowns contemporains servi avec son accompagnement poétique et vintage



Mise en appétit !


Un duo tendre, doux, fantasque qui vous donne l'impression de voler sur un nuage de barbapapa sans avoir mal au ventre ! 
Le clown Auguste et le clown blanc sont des archétypes que les comédiens remodèlent avec un plaisir manifeste et beaucoup de finesse.


"Astuces en cuisine" est le nom d'une chaîne youtube animée par un chef,   le très méticuleux Monsieur Bertrand. Il est important pour lui que les astuces soient exposées comme il l’entend, avec rigueur et précision. Vous aurez ainsi compris que dans ce duo burlesque, Monsieur Bertrand, au long visage assorti d'un crane lisse et pâle, figure le clown blanc, magistral dans son costume de cuisinier. Les étoiles sont surtout dans le spectacle lui même et le feu d'artifices de maladresses et autres quiproquos et facéties qui s'enchaînent comme au Ping Pong avec son assistant et disciple, le bien nommé Guacamole. Guacamole est aussi décontracté, rêveur, maladroit, farfelu que son comparse est rigide. Ses débordements provoquent souvent l’irritation de Monsieur Bertrand, aussi compassé que dépassé. Celui-ci voudrait maitriser, c'est un controle freak, mais que faire face à son Auguste imprévisible ?
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Dans la belle tradition du clown blanc et de l'auguste, déclinée ici avec poésie et inventivité,  chacun est la face inversée de l'autre! Et même s' ils s’aiment beaucoup et ils font de leur mieux pour  faire la démonstration des astuces de cuisine qui font le succès de leur chaîne, la glissade n'est jamais loin.
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Un jour, Guacamole le réveur est encore moins prêt que d'habitude pour présenter l'astuce du jour ! 
Catastrophe et badamoum . Leur amitié survivra-t-elle à ce capharnaum ?
À travers le burlesque, la poésie, le mime et le théâtre d’objets, Astuces en Cuisine raconte avec humour et tendresse comment un projet commun peut mettre une amitié à l’épreuve. A partager en famille, dès 6 ans. Pour l'hilarité et la participation des enfants, pour le sourire qui se transforme en franc rire de gorge des adultes qui les accompagnent.
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L'agilité et l'expressivité des comédiens fait merveille et s'épanouissent comme des fleurs d'artichaut dans ce joli décor vintage qui nous rappelle l'enfance de certains films, mais aussi les rideaux bonne femme, suggérés par un rouge à poids blanc central ou un vichy de cuisine proche d'une histoire de Wallace et Gromit ou Shaun le mouton. Tout est là pour que "la sauce" prenne.
Et l'histoire n'esst pas sans rappeler une jolie fable sur les compromis nécessaires à faire pour construire quelque chose à plusieurs même lorsqu'on s'aime bien.

Mr Bertrand pourrait être un cousin de bac à sable un tantinet dirigiste, une copine d'école ou un parent hélicoptère et Guacamole l'enfance elle-même ou le distrait qui agace le perfectionniste. Etonnemment, enfants, adultes, nous nous retrouvons tous dans ce burlesque qui pousse le trait à l'excès si bien qu'il peut nous faire rire de nos propres défauts autant que les personnages.
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Une très agréable soirée pour tout le monde et quelques jours d'innocence gagnée !
Merci Messieurs Bertrand et Guacamole et vous, n'oubliez pas de mettre un pouce bleu dessous l'écran et de vous abonner à leur chaîne !
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Date du Festival Off Avignon : du 4 au 25 Juillet 2026 (relâche les mercredis : 8, 15 et 22 juillet)
Horaire : 9h50
Lieu : L'Espace Alya
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Durée : 1h
Genre : Théâtre Burlesque
Distribution : Jeu et conception : Fred Robbe et Felipe Magana, Dramaturgie, mise en scène et scénographie : Kristian Frédric
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dimanche 31 mai 2026

L'HOMME QUI NE VOULAIT PAS ETRE UN HEROS : SPLENDEUR ET SOLITUDE DU LANCEUR D'ALERTE




Le spectacle est joué à la Factory, salle Tomasi. C'est en soi un gage de qualité. Si vous avez déjà aimé des spectacles donnés dans cette salle, vous aimerez sans doute les partis pris de mise en scène de cette pièce de théâtre.
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En effet, l'on se retrouve plongé très rapidement dans une atmosphère sombre et bleutée qui sied merveilleusement à l'ambiance thriller et au sujet de société.
Ce n'est pas un biopic frontal et chronologique de Snowden, surdoué en informatique et surtout agent de renseignement habilité au niveau le plus haut, après avoir tenté de servir son pays à la guerre. 
La charpente de la pièce, comme l'indique le titre, c'est la "rencontre" ultra risquée et ultra secrète entre Snowden et une journaliste éprise de liberté.
A partir de là, on va découvrir comment un homme épris de liberté, persuadé que son pays est le champion qui porte celle-ci, tombé de haut dans une réalité qui le plonge dans de nombreux dilemmes.
Des scène de la vie de couple, mais aussi d'interrogatoire entrecoupent les entretiens que Snowden donnent à la journaliste dans un lieu tenu secret en Asie.
On découvre ainsi un Snowden pris en tenailles entre l'amour de son pays, sa vie confortable et le désir de révéler sa découverte.

Même si désormais Snowden est presque aussi connu qu'Assange, je préfère ne pas révéler trop d'éléments tissant l'intrigue, car au moment pivot de la pièce, dans ce temps théatral, Snowden n'est pas encore au bout de son périble. Ceci n'est pas un banal biopic et pourtant vous en apprendrez beaucoup.
Il faut d'alleurs rappeler qu'à la différence d'Assange, Snowden n'est pas un hacker ni un rebelle né. Ce sont les circonstances qui transforment ce patriote fils de militaire en ennemi d'état.
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La scénographie et le travail sur la lumière expriment bien la sensation de danger qui étreint Snowden et son amie, ainsi que les costumes au moment des interrogatoires.
C'est une esthétique résolument contemporaine qui irrigue la situation et le propos sur la liberté et le prix à payer pour les lanceurs d'alerte.
C'est assurément un spectacle engagé qui fait la part belle au ressenti autant qu'aux faits et les comédiens, tantôt en citoyens ordinaires, tantôt en héros malgré eux, servent avec habileté l'ensemble qui habite l'espace scénique autant que notre cerveau sommé de penser et de nous extraire de la vulgate et du prêt à penser qu'on nous sert comme de la bouillie.
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C'est une pièce où la violence n'est pas exhibée mais exprimée, en ce sens des adolescents pourront la voir avec intérêt afin de découvrir une partie des enjeux de la surveillance citoyenne, telle qu'elle s'exerce aux Etats-Unis bien avant Trump déjà,  mais pas seulement là bas. Tous les éléments propres à construire de nouveaux schémas de tragédie contemporaine se retrouve dans ce théâtre conscient qui n'oublie pas de rester oeuvre d'art tout en partant du réel.
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C'est un bel hommage à ceux qui prennent tous les risques pour mettre à jour les scories totalitaires de certains états qui disposent désormais de technologies très puissantes.
La pièce de Sylvain Bastonero est un très bel hommage aussi en ce qui concerne Flore Vasseur, journaliste, femme d'affaire, documentariste, romancière qui s'est particulièrement intéressée à Snowden et au phénomène des lanceurs d'alertes. En ce sens, s'en faisant le relais, on peut la considérer comme une lanceuse d'alerte elle-même poussant loin l'investigation à plusieurs reprises afin que nous sachions.
AA

documentaire de Flore Vasseur


 Date du Festival Off Avignon : du 4 au 25 Juillet 2026 (relâche les jeudis : 9, 16 et 23 juillet)

Horaire : 14h40
Lieu : La Factory, salle Tomasi
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Durée : 1h20
Genre : Théâtre Contemporain
Distribution : De Sylvain Bastonero, Avec Sylvain Bastonero, Guillaume Blanchard, Cyrielle Buquet, Célya Humann, Jérémie Scheffler, Alexis Tran



vendredi 22 mai 2026

Du verre entre les doigts, un livre qui révèle la morsure venimeuse d'un attentat contre l'enfance en montrant l'effondrement d'une famille


Ce roman a  opéré en moi une réaction quasi physique. Je l'ai lu à bout de souffle, bu d'un trait. Très vite j'ai eu soif de cette écriture, de ces personnages qui figurent la détresse absolue et , en même temps, le combat d'avance perdu et pourtant mené comme une guerre contre la dévastation et la décrépitude. Un petite fille nous raconte à hauteur d'enfant sa vie et son foyer qui tombe en ruine en même temps que le bâtis autour, la maison familiale elle même.

Sa mère souffre d'une maladie grave mais continue d'essayer de faire comme si. Est-ce un cancer, une maladie neuro-dégénérative, ... Jamais le mot n'occulte la chose (parfois les mains ne répondent pas, elle se gifle elle même devant les enfants).

Les hommes sont "absentés", qu'il s'agisse du père, du grand frère envoyé en pension.

Le style en vers livre est comme un travail sur l'absence, y compris parfois l'absence de ponctuation ou de majuscule.

On voudrait aimer la mère et bien sûr on éprouve de l'empathie pour son chemin de croix, néanmoins cette distance qu'elle impose à la narratrice a freiné mon embrassement de sa douleur, car elle ne parvient pas à donner à cette enfant qui est très seule l'amour maternel dont elle a besoin et la petite fille est en grande souffrance. Une souffrance qui l'amène à s'inventer un double "propre", "parfait", elle qui se sent si sale nous pose problème... La symbolique siège dans ce sentiment d'être sale et la machine infernale qui révèlera quelques tenants et aboutissants de l'intrigue (car intrigue il y a bien que le roman puisse être confondu avec un long poème du fait de sa mise en page et de sa liberté d'écriture).

J'y ai vu la descente au enfers annoncée d'un groupe familial souillé et accablé autant par la chair qui refuse d'obéir et tombe malade suite aux drames que par l'insoutenable souillure d'un crime qui ne dira pas son nom mais se confirmera sur la fin.

C'est un sujet extrêmement difficile que deux sources de tendresse illuminent par moment : Nati (Nathanaël, presque le nom d'un ange?), le "petit" grand frère, mystérieux et différent, réclamant tous les soins, ainsi que le vieux chien, qui arrive un jour, que la mère refuse de garder mais laisse s'installer.

Les vers libres et l'écriture de l'autrice, comme une machine infernale qui progresse vers le fatum ancien mais surtout la révélation, s'impose par sa singularité autant que sa virtuosité mise au service de ce sujet que comme elle je ne nommerai pas frontalement ici.

Il faut lire ce livre absolument. Un livre loin des conventions littéraires et pourtant éminemment littéraire.

Je l'ai lu trois fois, par pur plaisir du style d'Alix Lerasle.

Cette jeune auteurice s'était distinguée en tant que poétesse dans un premier temps et l'on peut dire sans exagération que ce roman augure d'un parcours littéraire intrigant et intéressant.

Encore une belle réalisation des éditions Castor Astral !


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AA



TRISTAN & ISEUT

  J'avoue que je gardais de la belle histoire de Tristan et Iseut (lue trop jeune) une vision romantique avec une fin à la Roméo et Juli...