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vendredi 22 mai 2026

Du verre entre les doigts, un livre qui révèle la morsure venimeuse d'un attentat contre l'enfance en montrant l'effondrement d'une famille


Ce roman a  opéré en moi une réaction quasi physique. Je l'ai lu à bout de souffle, bu d'un trait. Très vite j'ai eu soif de cette écriture, de ces personnages qui figurent la détresse absolue et , en même temps, le combat d'avance perdu et pourtant mené comme une guerre contre la dévastation et la décrépitude. Un petite fille nous raconte à hauteur d'enfant sa vie et son foyer qui tombe en ruine en même temps que le bâtis autour, la maison familiale elle même.

Sa mère souffre d'une maladie grave mais continue d'essayer de faire comme si. Est-ce un cancer, une maladie neuro-dégénérative, ... Jamais le mot n'occulte la chose (parfois les mains ne répondent pas, elle se gifle elle même devant les enfants).

Les hommes sont "absentés", qu'il s'agisse du père, du grand frère envoyé en pension.

Le style en vers livre est comme un travail sur l'absence, y compris parfois l'absence de ponctuation ou de majuscule.

On voudrait aimer la mère et bien sûr on éprouve de l'empathie pour son chemin de croix, néanmoins cette distance qu'elle impose à la narratrice a freiné mon embrassement de sa douleur, car elle ne parvient pas à donner à cette enfant qui est très seule l'amour maternel dont elle a besoin et la petite fille est en grande souffrance. Une souffrance qui l'amène à s'inventer un double "propre", "parfait", elle qui se sent si sale nous pose problème... La symbolique siège dans ce sentiment d'être sale et la machine infernale qui révèlera quelques tenants et aboutissants de l'intrigue (car intrigue il y a bien que le roman puisse être confondu avec un long poème du fait de sa mise en page et de sa liberté d'écriture).

J'y ai vu la descente au enfers annoncée d'un groupe familial souillé et accablé autant par la chair qui refuse d'obéir et tombe malade suite aux drames que par l'insoutenable souillure d'un crime qui ne dira pas son nom mais se confirmera sur la fin.

C'est un sujet extrêmement difficile que deux sources de tendresse illuminent par moment : Nati (Nathanaël, presque le nom d'un ange?), le "petit" grand frère, mystérieux et différent, réclamant tous les soins, ainsi que le vieux chien, qui arrive un jour, que la mère refuse de garder mais laisse s'installer.

Les vers libres et l'écriture de l'autrice, comme une machine infernale qui progresse vers le fatum ancien mais surtout la révélation, s'impose par sa singularité autant que sa virtuosité mise au service de ce sujet que comme elle je ne nommerai pas frontalement ici.

Il faut lire ce livre absolument. Un livre loin des conventions littéraires et pourtant éminemment littéraire.

Je l'ai lu trois fois, par pur plaisir du style d'Alix Lerasle.

Cette jeune auteurice s'était distinguée en tant que poétesse dans un premier temps et l'on peut dire sans exagération que ce roman augure d'un parcours littéraire intrigant et intéressant.

Encore une belle réalisation des éditions Castor Astral !


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AA



Du verre entre les doigts, un livre qui révèle la morsure venimeuse d'un attentat contre l'enfance en montrant l'effondrement d'une famille

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