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mercredi 10 juin 2026

ASTUCES EN CUISINE : un Duo de Clowns contemporains servi avec son accompagnement poétique et vintage



Mise en appétit !


Un duo tendre, doux, fantasque qui vous donne l'impression de voler sur un nuage de barbapapa sans avoir mal au ventre ! 
Le clown Auguste et le clown blanc sont des archétypes que les comédiens remodèlent avec un plaisir manifeste et beaucoup de finesse.


"Astuces en cuisine" est le nom d'une chaîne youtube animée par un chef,   le très méticuleux Monsieur Bertrand. Il est important pour lui que les astuces soient exposées comme il l’entend, avec rigueur et précision. Vous aurez ainsi compris que dans ce duo burlesque, Monsieur Bertrand, au long visage assorti d'un crane lisse et pâle, figure le clown blanc, magistral dans son costume de cuisinier. Les étoiles sont surtout dans le spectacle lui même et le feu d'artifices de maladresses et autres quiproquos et facéties qui s'enchaînent comme au Ping Pong avec son assistant et disciple, le bien nommé Guacamole. Guacamole est aussi décontracté, rêveur, maladroit, farfelu que son comparse est rigide. Ses débordements provoquent souvent l’irritation de Monsieur Bertrand, aussi compassé que dépassé. Celui-ci voudrait maitriser, c'est un controle freak, mais que faire face à son Auguste imprévisible ?
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Dans la belle tradition du clown blanc et de l'auguste, déclinée ici avec poésie et inventivité,  chacun est la face inversée de l'autre! Et même s' ils s’aiment beaucoup et ils font de leur mieux pour  faire la démonstration des astuces de cuisine qui font le succès de leur chaîne, la glissade n'est jamais loin.
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Un jour, Guacamole le réveur est encore moins prêt que d'habitude pour présenter l'astuce du jour ! 
Catastrophe et badamoum . Leur amitié survivra-t-elle à ce capharnaum ?
À travers le burlesque, la poésie, le mime et le théâtre d’objets, Astuces en Cuisine raconte avec humour et tendresse comment un projet commun peut mettre une amitié à l’épreuve. A partager en famille, dès 6 ans. Pour l'hilarité et la participation des enfants, pour le sourire qui se transforme en franc rire de gorge des adultes qui les accompagnent.
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L'agilité et l'expressivité des comédiens fait merveille et s'épanouissent comme des fleurs d'artichaut dans ce joli décor vintage qui nous rappelle l'enfance de certains films, mais aussi les rideaux bonne femme, suggérés par un rouge à poids blanc central ou un vichy de cuisine proche d'une histoire de Wallace et Gromit ou Shaun le mouton. Tout est là pour que "la sauce" prenne.
Et l'histoire n'esst pas sans rappeler une jolie fable sur les compromis nécessaires à faire pour construire quelque chose à plusieurs même lorsqu'on s'aime bien.

Mr Bertrand pourrait être un cousin de bac à sable un tantinet dirigiste, une copine d'école ou un parent hélicoptère et Guacamole l'enfance elle-même ou le distrait qui agace le perfectionniste. Etonnemment, enfants, adultes, nous nous retrouvons tous dans ce burlesque qui pousse le trait à l'excès si bien qu'il peut nous faire rire de nos propres défauts autant que les personnages.
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Une très agréable soirée pour tout le monde et quelques jours d'innocence gagnée !
Merci Messieurs Bertrand et Guacamole et vous, n'oubliez pas de mettre un pouce bleu dessous l'écran et de vous abonner à leur chaîne !
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Date du Festival Off Avignon : du 4 au 25 Juillet 2026 (relâche les mercredis : 8, 15 et 22 juillet)
Horaire : 9h50
Lieu : L'Espace Alya
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Durée : 1h
Genre : Théâtre Burlesque
Distribution : Jeu et conception : Fred Robbe et Felipe Magana, Dramaturgie, mise en scène et scénographie : Kristian Frédric
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lundi 10 juin 2024

Triangulaire ou La maîtresse imaginaire, de Yamina Hadjaoui par Adeline Avril

 



Triangulaire , comédie écrite et mise en scène par Yamina Hadjaoui 

Vu au théâtre de la Tache D'Encre à Avignon


Voilà le couple de Tiphaine et Mathieu arrivé à la cinquantaine : les enfants n’ont plus besoin d’eux, le nid est vide, et ce qu’ils ont été ces dernières années , ce qu’ils sont devenus ne leur permet plus de fonctionner dans un monde qui a changé. Un monde dans lequel ils se sentent dépassés, obsolètes. 


L’une a des bouffées de chaleur et quelques sautes d’humeur quand l’un se sent mal aimé, éternel second rôle. Comment redevenir amants après avoir été essentiellement parents ?

Deux, est-ce assez pour retrouver le goût de vivre et de participer au monde, pour se configurer de manière à aimer et désirer ?


Ce fameux troisième "côté" qui manque désormais, par qui ou quoi peut-il être remplacé, ou représenter, de façon à retrouver un équilibre ?

C’est à partir de ce questionnement que l’auteure, fascinée par le couple en tant que sujet théâtral, à bâti une comédie autour du sujet de la cinquantaine, ce moment de crise riche en situations humoristiques et questionnements existentiels.


Bien sûr, Tiphaine et Mathieu vont tâtonner et incidemment trouver un troisième angle susceptible de les revigorer… Mais comment vont-ils s’y prendre, jusqu’où vont-ils aller ?


Une pièce avec canapé dont la scénographie soignée exalte le décalage , ce qui en fait autre chose qu'un marivaudage.

Le décors noir et blanc permet de suivre les personnages sans être encombré par un souci lié aux "accessoires" et plonge les personnages dans un univers simple et élégant qui nous signale immédiatement en entrant l'universalité des propos.

Dans cette mise en scène au service du texte et des comédiens, on suit non seulement l'état d'esprit des personnages, que leurs mots articulés contredisent, mais on plonge aussi dans leur chaos personnel.
Et bien sûr, il y a le soupçon, les égarements, le suspense !

Une comédie bien menée, vraiment drôle. Sans prétention affichée, elle surprend par sa profondeur et une vision juste de la condition humaine vécue à deux et pourtant toujours solitaire.

Une belle surprise pour cette création "spécial off".

Il est à noter que cette année, l'autrice et metteuse en scène Yamina Hadjaoui présente aussi une spectacle pour jeune public au théatre du Rouge Gorge ! Un nom à retenir !



Au théâtre de la tache d'encre, 1 rue de la Tarasque
1h 10
Ecriture et Mise en Scène : Yamina Hadjaoui
Avec Marie-Ange Gil et Julien Joerger
Scénographie et décors: Igor Fernandez
Costumes: Marie-Ange Gil
Tous les jours à 20h
Relâche le 9 et le 18
Réservations : Tel: +33 (0)4 90 85 97 13







dimanche 2 juin 2024

Sympathy for La vieille Ville


 Toujours en direct d'Avignon, terre de culture et de bouffe, ville médiévale et minuscule terreau des névroses occidentales (et autres) en tous genres.

Avançant en âge, je me prépare doucement à faire partie de la silver economy, cette branche incertaine et floue allant du slip anti-fuites aux couches pour adultes, des traitements naturels contre les effets secondaires de la ménopause aux diverses formes de la molécule connue sous le nom de viagra. Bref, du jeune vieux récemment baptisé Nold (jamais vieux mais plus jeune) par des marketers avisés au grabataire jovial, en passant par la Iris Apfeld du coin, la nouvelle Brigitte Bardot (plutôt Winona Ryder ou Béatrice Dalle pour nous) de l'ehpad ou l'intraitable retraité.e, autant que la pauvre vieille du futur, obligée de faire des ménages malgré son arthrose, ou de voyager pour fuir l'ennui et trouver un amant lisse et vigoureux dans des contrées qui ont faim... de passeport autant que de pain. Je n'aurai pas les moyen de faire installer un stana dans mon appartement de location, cela tombe bien, j'habite au rez-dechaussée.

Je suis du genre prévoyante. Normal, je suis atteinte d'un handicap physique peu visible depuis que j'ai quarante ans. Le nombre de marches, l'accès à la boite aux lettres, cela fait un moment que je me préoccupe de ce genre de détails. Et cela ne va pas s'arranger.

Chez les pré-seniors qui ont la chance d'avoir encore "la santé", et les séniors la compétition est rude. C'est à celui ou celle qui marche le plus vite en balade nordique avec deux batons de ski dans la garrigue. A celui qui a su garder une bonne mutuelle et fait tous les examens imposés pour éviter les catastrophes. A celui qui a de belles facettes d'un blanc éclairant la nuit.  Je ne gagnerai pas cette compétition là, les hôpitaux public ressemblent à des dispensaires d'autrefois, les maladies nosocomiales pullulent et régulent les dépenses de sécurité sociale. Mon frère, mon père, ma mère et nombre d'amis en ont fait les frais. Soleil vert est une hérésie. Qui mangerait du vieillard avarié ? 

On aurait de nouveaux problèmes de prion. Il vaut mieux manger des bébés et si ce n'était cette fichue silver économie, sans doute qu'au nom de la dignité humaine, on me terminerait avec plaisir "pour mon bien et ma dignité" avant que je devienne acariâtre et trop couteuse. Par chance le libéralisme débridé sait faire faire de l'argent au manque d'argent, qu'il s'agisse d'agios ou de biens d'absolue innécessité que nous consommerons pour rester sur le manège enchanteur de la société moderne selon l'esthétique existentielle de la walt disney Company. Dentiers jetables peu chers ? Perruques chic? Flouteurs dignes de la cape d'invisibilité de Harry potter, strip-tease pour les vieux ? Gigolos remboursés par certaines mutuelles, peut-être même la CMU? Faux seins jetables, reins d'appoint recyclables ? Tant qu'on est bon consommant on nous tolère. J'espère que de nouveaux antidouleurs apparaitrons sur le marché libre, des produits qui ne niquent pas le foie, ou bien une amnistie "drogue dure pour les seniors" ( un "contrat social" de type : à partir de 60 ans, mettez vous ce que vous voulez dans le nez, mais ne prenez plus le volant, par exemple).

Les défilés de mode avec des grabataires pousseront les papys et mamies à dépenser leurs maigres retraites en bling pour défiler. Des stickers "Rock is not dead" pour les déambulateurs, des ateliers "je décore mon fauteuil roulant et ma canne", des ateliers d'écriture "ma hanche mon avenir". Le tout sous LSD.

Lieu "bien-être" façon snozelen en plus psychédélique, partouzes récréatives "l'orgasme c'est la santé". Je suis sûre qu'il y a des tas de choses à inventer pour maintenir les seniors de demain (mes copines et moi) en simili-forme pour qu'ils et elles continuent de consommer du services payant et du loisir, autant que des fringues, du make-up, de la malbouffe, des assurances pour assurer les assurances. Des restaus "tout purée-tout compote". J'ai une tonne d'idées...

Etant comme je vous l'ai dit un parasite culturel, cette courbe qui m'amène vers l'inexorable décrépitude élégante des gens qui n'auront bientôt plus besoin de faire semblant d'avoir les cheveux blancs de façon naturelle représente un atout certain pour les engins de ma sorte. En effet, Avignon, terre de théatrogénie, est le paradis des vieux et vieilles diplômé.e.s. Les théâtres auraient déjà fermé sans les baby-boomers passionnés de culture et l'urgence de trouver rapidement un public de remplacement se fait sentir. Moi, quinqua, je suis une alternative, je représente la transition. Ce n'est une bonne nouvelle pour personne.....Je serai âgée de 70 ou 80 ans d'ici qu'une nouvelle fournée susceptible de s'installer sur des fauteuils en velours rouges ou des escaliers casse-dos et autres strapontins. Car si nos amis baby boomers ont il est vrai la peau dure, et c'est tant mieux, ne rêvons pas, à part quelques transhumanistes qui auront eu l'intuition de se transférer dans un disque dur à roulettes, à un moment ou un autre, il va falloir leur dire Adieu.

Pour l'instant il faut bien le dire, beaucoup sont fringants et plus actifs que moi, mais pour ce qui est d'un public jeune, j'ignore où le trouver. Les jeunes sont nombreux sur scène et dans les écoles d'art toutes disciplines confondues, c'est déjà ça, mais dans les salles, sur les fauteuils, malgré le pass culture, le meilleur moyen de les amener au spectacle c'est encore de les payer ou de les obliger en imposant via l'éducation nationale, des séances "scolaires". Est-ce que ça va suffire ?

Pour le In, je ne suis pas inquiète, y être vu est un marqueur social, c'est un peu le Courchevel sans neige, mais pour le off, c'est plus complexe. On y va de son plein gré, il n'y a pas de motivation extrinsèque absolument évidente. Quand vous rentrez du festival off, c'est moins facile de faire des soirée vidéos de vos vacances que si vous étiez allés aux Seychelles ou même en Tunisie via Carrefour Voyage (à crédit en plusieurs fois avec la carte fidélité). Je vois bien que nombre de nos baby boomers cultureux cumulent les handicaps : voyageurs invétérés et bénéficiant du fameux prix senior défiant toute concurrence, retraite pré-macronienne etc, dont nous les vieux de demain, nous ne bénéficierons pas. Il nous faudra donc des motivations nouvelles pour venir au théâtre : ma préférée c'est la clim pendant la canicule (tant que c'est permis), je suis déjà accro!

Il y a  plusieurs problèmes à régler, remarquez, même pour la transition opérée par les Nold : nous sommes plus fragiles que les Baby Boomers, plus dépressifs (les chiffres sont sans appel), et certains d'entre nous n'ont pas le poids financier équivalent à leur poids corporel. Rester cassé en deux sur des bancs pourris pendant deux heures, normalement c'est un truc de jeunes ! Ben, non, au festival off, c'est un loisir de retraités !

Je ne vois qu'une solution, arrêter de vieillir, devenir immortels, ou démocratiser l'acharnement thérapeutique : mamie est sur un lit à roulette, les yeux fermés ? Et alors, c'est son droit de venir au théâtre quand même ! L'accessibilité est un boulevard qu'il faut emprunter et développer.  Inclusion j'élargis ton nom...

Offrir des places de théâtre aux enfants à noël : si tu savais écrire une phrase sans fautes, je t'aurais offert des Nike ou un drone, petit con!

Parce que nous les Nolds, c'est sur, on va craquer, on va finir par aller courir tous nus dans la campagne en faisant des bruits de kangourous ! Entre 2 générations de narcissiques qui ont tout compris à la vie, les Nold ont beau continuer d'aller pogoter quand ils peuvent et porter des Doc Martens, ce sont quand même eux qui torchent les BB Alzheimer et ce sont aussi eux qui se tapent les caprices de leurs joyeux bambins moitié Iphone moitié hamburger végan. Notre génération n'est pas une valeur sûre. Ce n'est pas une génération sur laquelle il faut miser, elle ne va pas faire long feu.

Ratiboisée à la racine par les années SIDA elle partait déjà mal, sans parler de Tchernobyl, mais voilà qu'en plus elle a croisé le mouvement des Rave et elle a le sens aigu de la fête, le coude agile, la dépression dans le sang. Comparons les rockers : les rolling stones ont la pêche, les tenants du rock des Nold, les grunges, sont quasi tous morts ou agonisants : c'est mathématique, on ne tient pas la route ! Pour la silver economy, il va falloir faire un plan drastique, nous faire cloner ou que sais-je !

Drogués, on l'est déjà : aux antidépresseurs, aux anti-douleurs, sans parler du shit, de l'herbe, du pinard, du sexe, des écrans, j'en passe et des meilleurs !

Pour les idoles des nouveaux jeunes, le prognostic vital est déjà engagé : quand on en regarde certains, on se demande si le pouls bat encore. En tous cas question activité cérébrale le constat reste incertain...Faut voir. 

Bref, nous les vieux de demain, on lit Gen War et on se marre mais sortie des BD on a peu à manger alors on picore un coup dans la gamelle des jeunes un coup dans la gamelle des vrais vieux légitimes ; on porte des New Balance, on essaie de se reconnecter à la campagne, on fait beaucoup de bénévolat pour oublier qu'on n'a plus assez de boulot pour vivre décemment, on évite le oin-oin pas chic pour les ex-fans des nineties, alors on est les champions de la mauvaise humeur et de l'impolitesse pour compenser, parce que "y'a pas écrit la poste" (référence générationnelle) et que nous, on a vraiment vu jouer sur scène un humoriste qui faisait des blagues sur son propre cancer, alors l'humour "caustique" de France Inter ça nous fait plus rien, on est complètement désensibilisés. On voudrait ben mais on peut point...

J'arrête ici mon mauvais esprit et mes jérémiades. Je suis inquiète pour le théâtre : quels culs vont s'asseoir sur les sièges en velours et les chaises en plastiques si nous, les vieux de demain, on n'y va pas ? 

Ah Ah

Conseil, lire Gen War et écouter l'excellente interview de Mo CDM par Pierre AVRIL sur RAJE www.raje.fr









TRISTAN & ISEUT

  J'avoue que je gardais de la belle histoire de Tristan et Iseut (lue trop jeune) une vision romantique avec une fin à la Roméo et Juli...