Après la fin : thriller psychologique ou dystopie ?


                      







Une pièce de Dennis Kelly

Après la fin

Une très pièce très forte de Dennis Kelly. Dure certes et cependant captivante, notamment du fait de l'engagement des deux comédiens, magnétiques, et de la scénographie sobre dans l'appareil mais quasiment chorégraphiée, explosive.
C'est Claudia Fortunato qui assure la mise en scène et la direction d'acteurs. Forte de sa formation internationale elle incarne aussi le personnage de Louise, celle qui va être envoutée par le personnage joué par Julien Grisol.

Elle réussit une belle version de cette pièce à vif du dramaturge anglais qui s'inscrit dans l'école dramatique qui a suivi notamment Sarah Kane. Entre humour, cynisme, drame absolu, on rencontre ici deux personnages qui semblent échapper à la fin du monde en se réfugiant dans un hangar, une sorte de bunker peut-être né d'un délire survivaliste. L'ambivalence s'installe, car ces deux réfugiés d'un drame mondial continuent une histoire commencée avant. Qui sont-ils l'un pour l'autre? Des amis ? On apprend petit à petit que leurs connaissances communes se moquaient de lui, de ce bunker qu'il construisait, de ses peurs... Est-il moins équilibré qu'il n'en a l'air?

On commence à questionner la situation à laquelle on est en train d'assister, la personnalité des protagonistes, on se demande même par moments si "la catastrophe" est réelle....
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Claudia Fortunato est singulière, son passé familial et personnel l'amène à se passionner pour les phénomènes d'emprise et d'hypnose, notamment dans la croyance religieuse.
Si la pièce de Dennis Kelly situe l'enfermement dans un autre univers que la croyance, la metteuse en scène se saisit de l'écho que la pièce développe à partir de la situation de prédation.
Ayant hélas connu aussi une situation de claustration amoureuse, dès qu'elle l'a découverte à Londres, elle a su qu'elle monterait cette pièce un jour. Elle se balade entre théâtre public et théâtre privé, cela se sent dans la façon qu'elle a de travailler avec Julien Grisol les personnages, leur ambivalence, mais aussi dans sa façon de créer un décor à partir de l'imagination des personnages et des spectateurs.
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Le résultat est un ensemble à la fois compact et complexe qui laisse monter la tension de façon subtile, un peu de la même façon que se met en place le phénomène même de l'emprise, de la violence psychologique, mécanismes dont la pièce est le sujet.
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Ce spectacle a été joué au théâtre de l'Oriflamme durant le Festival Off 2026 d'Avignon. Assurément une bombe théâtrale. Si la pièce est jouée près de chez vous avec Claudia Fortunato et Julien Grisol, les deux comédiens sont magistraux, aussi physiques que torturés, ils incarnent ces deux personnages qui nous mettent nous aussi, public, en situation d'insécurité.
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Un duo brûlant et fatal pour commencer et une metteuse en scène atypique et polyvalente à suivre de très près.
Si vous avez l'occasion de voir cette pièce dans cette version, allez-y mais n'espérez pas en ressortir sereins. L'art dérange parfois, c'est le cas ici. Pour le meilleur.
D'ailleurs, restez à l'affut, vous allez bientôt pouvoir voir Claudio Fortunato dans pas moins de deux films.


AA




Claudia Fortunato - Mise en scène
Claudia Fortunato - Interprétation
Julien Grisol - Interprétation
Ariane Jarry - Collaboration artistique
Pearl Manifold Olivier Werner - Traduction







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