JULIEN JOUBERT LE COMPOSITEUR QUI ENTEND VOS COUACS ET VOUS ENCOURAGE QUAND MEME !
Julien Joubert : deux spectacles, une déclaration d'amour à la musique
Au Festival Off d'Avignon, il y a les spectacles dont on parle beaucoup, ceux qui affichent complet dès la première semaine... et puis il y a ceux qui font quelque chose de plus rare : ils donnent envie de rentrer chez soi pour écouter de la musique autrement.
Et bien Julien Joubert, compositeur de musique "savante" réussit à faire les deux. Il vous invite dans son salon, avec son piano.
Cette année, il joue deux spectacles à quelques rues l'un de l'autre. Le matin, au Théâtre de l'Oriflamme, il raconte Une histoire de la musique en 70 minutes. En début d'après-midi, à La Scala Provence, il nous entraîne dans Tout le monde écrit des chansons. Deux propositions indépendantes, mais qui, mises bout à bout, composent une véritable symphonie de l'intelligence joyeuse.
Sans vous pousser à la consommation de plaisirs intelligents et drôles (je m'en voudrais beaucoup), il faut bien avouer qu'enchainer les deux spectacles est une fort bonne idée. D'ailleurs c'est ce que j'ai fait après les avoir vu dans l'ordre de création, qui était inverse.
Pourquoi? Parce qu'à l'Oriflamme, le compositeur, artiste, humoriste et trublion vous initie en douceur, en profondeur et avec malice (parfois l'hilarité se déclenche, attention, soyez avertis) à la forme au son, à la syntaxe en somme de la musique en général et savante en particulier, puisqu'il vous la rend accessible aussi bien d'un point de vue historique que technique.
Ensuite, à la Scala, il vous permet en quelque sorte de devenir son compagnon de création en dévoilant les astuces de composition, les accords magiques qui servent à tout et vous permet de vous amuser comme des petit fous en mettant l'oreille à la patte et en consolidant vos acquis. Par acquis j'entends ici les connaissance ultra sérieuses et ses irrésistibles facéties, qui vont de sa passion pour les zeugmes à son regret d'avoir seulement écrit Le saumon de Joubert plutôt que la truite de Joubert
Le matin, la musique raconte son histoire
Dix heures. Le café n'a pas encore totalement fait son œuvre et les rues d'Avignon commencent seulement à s'animer. À l'Oriflamme, le public s'installe doucement. Quelques habitués du Festival consultent leur programme du jour, d'autres arrivent en courant, l'éventail encore à la main.
Puis Julien Joubert entre en scène.
Pendant un peu plus d'une heure, il accomplit un tour de force : raconter cinquante mille ans d'histoire de la musique sans jamais donner l'impression d'assister à un cours. On rit, énormément. On apprend encore plus.
Avec une simplicité désarmante, il fait dialoguer Bach avec la variété, Mozart avec le jazz, les chants médiévaux avec nos playlists contemporaines. Les références savantes deviennent limpides, les notions musicales les plus complexes se transforment en évidences.
Et l'on se surprend à penser : mais pourquoi personne ne m'avait expliqué tout cela comme ça ?
Le plus étonnant reste sans doute sa manière de faire participer la salle. Personne n'a le temps de décrocher. Les spectateurs deviennent choristes d'un instant, cobayes consentants d'expériences musicales qui déclenchent autant de fous rires que de déclics.
À plusieurs reprises, j'ai regardé autour de moi. Les enfants riaient. Les adultes aussi. Et ce n'était jamais pour les mêmes raisons.
C'est peut-être cela, la réussite de Julien Joubert : parler à tout le monde sans jamais simplifier la musique. Car la musique il l'adore il ne la désacralisera jamais.
L'après-midi, chacun devient compositeur
Quelques heures plus tard, changement de décor.
À La Scala Provence, Tout le monde écrit des chansons reprend le fil... mais sous un autre angle. Si le premier spectacle répond à la question « comment la musique est-elle devenue ce qu'elle est ? », celui-ci demande : « mais au fond, comment naît une chanson ? »
La réponse est infiniment plus drôle qu'on ne l'imagine.
Julien Joubert démonte les mécanismes de la composition avec la précision d'un horloger... et l'humour d'un excellent one-man show. Harmonie, mélodie, rythme, prosodie : des mots qui pourraient faire fuir deviennent ici des compagnons de jeu.
Le plus savoureux est de voir la salle passer progressivement de spectatrice à participante.
On hésite à chanter....mais pas très longtemps !
Puis on chante.
On rit un peu de soi.
Puis on se prend au jeu.
À un moment, je me suis surpris à noter dans mon carnet non pas une citation du spectacle... mais une idée de chanson. Je ne garantis pas qu'elle deviendra un tube. Je garantis en revanche que Julien Joubert est probablement responsable de cette soudaine envie d'écrire et de chantonner.
Le musicien qui préfère transmettre plutôt qu'impressionner
Ce qui relie ces deux spectacles, ce n'est pas seulement leur auteur.
C'est une manière de transmettre.
Jamais Julien Joubert ne cherche à démontrer qu'il sait plus que le public. Au contraire, il semble prendre un plaisir presque enfantin à partager ce qui le passionne. Chaque anecdote devient une histoire, chaque démonstration une blague, chaque détour érudit une invitation à tendre l'oreille.
On sort de ces deux rendez-vous avec une étrange sensation : celle d'avoir appris énormément... sans avoir eu l'impression de travailler une seule seconde.
Cet homme est doué dans nombre de choses outre la musique. Son humour est irrésistible et il a le don de la pédagogie. Voilà un artiste qu'on ne se lassera pas de passer à la chansonnette (attention référence vintage).
Et si vous croisez quelqu'un dans les rues d'Avignon en train de fredonner un thème de Bach avant d'essayer de composer un refrain sur son téléphone, il y a de fortes chances qu'il sorte de l'un de ses spectacles.
Ou des deux.
Comme moi. J'ai frénétiquement recherché ma méthode rose dans mes affaires, mais ne l'ayant pas retrouvée, j'interprète ceci comme un signe : je devrais peut-être me mettre plutôt au triangle !
AA
Attachée de presse : Dominique Lhotte
à 13H25




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